C’est une cithare en forme de boîte qui porte des cordes sur ses deux faces principales. C’est le même instrument, en plus petit, que le marovany de Madagascar. Le modèle présenté ici est d'ailleurs assez grand pour un ndzendzé mahorais.
Les cordes sont en métal, fil de fer ou câble de frein détressé. Leur nombre est variable. Huit en général pour les ndzendze mahorais, quatre de chaque côté. Il est accordé du grave vers l'aigu de la façon suivante: FA(gauche)- Sol(droite)- LA(gauche)- SI(droite) etc, de FA à FA en changeant de côté à chaque fois. Le tout est conçu pour jouer en Sol myxolydien.
Les premiers habitants de Madagascar venaient d’Indonésie. Dans cette longue migration, ils ont apporté, entre autres, la pirogue à balancier et une cithare tubulaire en bambou appelée valiha.
Les anciennes valiha n’avaient pas de cordes en métal comme aujourd’hui. Le long du bambou, et tout autour, de fines bandes d’écorce étaient soulevées par de petites cales taillées dans des morceaux de calebasses, sans détacher du bambou ces bandes d’écorces qui, une fois sèches, servaient de cordes.
À Madagascar, après l’adoption de la corde en métal, l’idée est venue à certains musiciens de fabriquer leurs valiha à partir de caisses en bois, ou même maintenant en métal. Ce nouvel instrument, une cithare parallélépipédique dont deux faces opposées sont pourvues de cordes, est appelé marovany.
Les pêcheurs malgaches, pour charmer les esprits inquiétants qui habitent les eaux, emportaient en mer de petites cithares de ce genre. ce sont elles qui sont arrivées à Mayotte, de cette façon, et que l’on appelle aujourd’hui ndzendze, terme générique d’origine bantoue qui semble désigner collectivement toutes les cithares, voire tous les cordophones.